08 septembre 2006
Quimper : Rentrée perturbée en Fac de Droit
vendredi 8 septembre 2006, O.F
Une licence vient d'ouvrir au pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias. Les étudiants se plaignent de la suppression de deux cours, sans préavis.
Une centaine d'étudiants de première année de droit ont fait leur rentrée hier au pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias à Quimper. Cette année, l'université de Bretagne occidentale (UBO) ouvre une licence sur ce site. Pour la première fois, les étudiants du Finistère-sud bénéficient d'un cycle complet. « La décision a été prise en juin, précise Véronique Labrot, directrice de l'UFR de droit et de sciences économiques. Cela répond à une demande pressante des étudiants qui, auparavant, étaient obligés de se déplacer à Brest après le Deug. »
L'UFR de droit est la plus grosse promotion du pôle universitaire de Quimper. À ce jour, 107 élèves sont inscrits en première année, 45 en 2e année et 35 en licence. « L'ouverture d'une 3e année représente un coût non négligeable soit plus de mille heures d'enseignement, ajoute Véronique Labrot. Une partie de la facture a été absorbée par la faculté de Quimper. La communauté de communes a également donné un coup de pouce à la formation. Le reste a été pris en charge par l'UBO (Université de Bretagne Occidentale)»
Mais les étudiants inscrits dans cette nouvelle licence ont découvert, juste avant l'été, que deux matières prévues au programme étaient tout simplement supprimées. « Ces deux matières sont « droit de la fonction publique » et « droit fiscal général », explique Hélène Navarre, déléguée au conseil de gestion du pôle. Cela représente tout de même 60 heures de cours en moins au premier semestre. Pourquoi les étudiants de Brest bénéficieraient de cet enseignement et pas ceux de Quimper · Nous ne voulons pas d'une licence au rabais. » Les étudiants regrettent également l'annonce tardive de cette mesure. « À aucun moment on nous a dit qu'il y aurait deux matières en moins à Quimper, ajoute Hélène Navarre. Sur le site internet de la faculté, rien n'est indiqué. On a vraiment l'impression d'être floués. » De son côté, Véronique Labrot met en avant les difficultés d'encadrement dans les universités. « De manière générale, le contexte est plutôt à l'économie. Ouvrir une formation ne veut pas dire avoir des postes en plus. À nous de trouver des arrangements pour que les enseignants, qui sont les mêmes entre Brest et Quimper, puissent assurer les cours. Rappelons que les deux sites sont à 70 km de distance, ce qui ne facilite pas les choses. » Enfin, une règle prévaut à l'UBO : une matière ne peut être ouverte s'il y a moins de 10 étudiants inscrits. « Le Résultat, c'est que dans une licence qui ne compte que 35 inscrits, il a fallu faire des choix pour éviter que certaines matières fondamentales ne soient désertées, précise la directrice. Les deux matières supprimées, sur les 16 au total, sont complémentaires. À Rennes, elles sont présentées en option facultative. »
La doyenne de l'UFR précise cependant que tout sera fait pour que les étudiants puissent se présenter aux examens dans ces matières, s'ils le souhaitent. Les cours seront mis en ligne et des réunions seront organisées par des professeurs. Les jeunes inscrits en licence envisagent, quant à eux, des actions s'ils n'obtiennent pas le rétablissement de ces heures de cours. « On fera du droit. Finalement, cette affaire est un bon exercice pratique. »
Lucile VANWEYDEVELDT.
19 août 2006
Poubelloscope des Vacances universitaires :
Pour reprendre la rubrique célèbre d'un magazine, voici un édito qui va vous permettre de réaliser une économie de 12 euros, ce qui en ces temps, n'est pas négligeable :

Notre sélection au poubelloscope :
Jean-Robert Pitte ou l'avant-garde du patronnat universitaire...
Professeur de Géographie,
Président de l'université Paris-Sorbonne
Extraits choisis :
"1 300 000 étudiants à l'Université, c'est une belle chose en apparence. Le problème est que la massification s'est réalisée au sein d'un système à deux vitesses et qu'elle a pratiquement tué la méritocratie. Lorsqu'un barrage saute, il n'est plus question d'irriguer, mais de faire face à l'inondation. "
A propos du financement des universités :
"L''idée de privatisation ou d'ouverture du capital, alors même que les universités ignorent quel est leur capital, fait se dresser les cheveux sur la tête d'un bon nombre de Français. (...) on ne peut évacuer la question de la participation financière des étudiants à la formation qu'ils reçoivent, même s'il s'agit encore d'un tabou majeur. "
"Ne faut-il pas admettre que toutes les universités ne peuvent avoir la même vocation ? Il faut sans doute accepter l'idée que la concurrence est une réalité internationale, mais aussi nationale et qu'elle constitue une saine émulation. "
"La première des autonomies est de pouvoir choisir ses étudiants et de s'engager auprès d'eux à les former le mieux possible en les conduisant jusqu'à une insertion professionnelle..."
"Que toutes les universités soient habilitées à délivrer des doctorats, c'est une mascarade. "
"Que ce soit la droite ou la gauche qui réforme demain, l'accusation de libéralisme, forcément "sauvage", fusera de divers milieux conservateurs. "
"Nos jeunes élites partent pour créer des entreprises aux Etats-Unis, en Angleterre ou à Hong-Kong, pendant que les plus démunis, c'est-à-dire les moins formés et les moins audacieux, émargent à l'ANPE."
Printemps 2006 : un grand soir aux petits pieds :
A propos du CPE :
"deux ans ce n'est pas l'éternité, mais une telle mesure a fait naître une peur irrationnelle."
"Dire que la jeunesse est fille de la Société de consommation et qu'elle est comme ses parents l'ont éduquée donne une explication mais pas une excuse. "
A propos des mouvements étudiants depuis 1947 :
"Ceux qui descendent dans la rue sont les étudiants des premiers cycles généralistes, accompagnés de lycéens des sections générales, qui n'entrevoient aucun débouché professionnel clair à leurs études. "
A propos du droit de grève :
"Pour un étudiant qui ne reçoit pas de salaire et qui paie des droits d'inscription dérisoires, le mot "grève" n'a aucun sens réel. "
A propos du mouvement pour les personnels enseignants et administratifs :
"disons-le franchement, c'est pour certains l'occasion d'un petit repos inattendu ou d'une fenêtre de liberté permettant d'avancer leurs recherches. "
A propos de Bruno Julliard et de certains courants du Parti Socialiste auxquels il serait rattaché :
"Ils demandent à leur parti de bannir l'expression "égalité des chances", qualifiée de "concept pétainiste", pour le remplacer par "égalité". Non à Pétain, mais oui à Staline et à la résurrection de l'URSS ! "
"La pression est ainsi exercée sur la majorité silencieuse, sur les étudiants étrangers abasourdis de ce qu'ils voient, sur l'image nationale et internationale de l'Université française et bien sûr, en dernier ressort sur le gouvernement. "
"On croit rêver lorsque le Président de l'université de Nantes écrit le 31 mars au Président de la République en le sommant de ne pas promulguer la loi votée."
"Mao, Hô Chi Minh, Che Guevara, retournez dans vos tombes ! ils ont vingt ans à l'état civil et soixante dans leur tête ; leur sécurité et leur retraite leur importent plus que l'aventure de leur vie. Les héros sont fatigués avant même de partir à la conquête du monde. Quand à l'humour ils l'ont oublié au vestiaire ! "
"Tant de criailleries estudiantines sans vraies conséquences apparentes révèle un vide abyssal de la pensée. Elles s'inscrivent bien sûr dans le plus grand des travers français : la révolte plutôt que la réforme, l'invective plutôt que l'argument, la division plutôt que l'unité. "
"Certes, les lycées et les universités ne sont pas toute la France (...)il faut lui parler vrai avec des mots qui font mouche et, un jour aussi prochain que possible, lui redonner missions et honneur. Sinon il refera une crise de nerfs qui s'achèvera dans l'insatisfaction. "
A propos des AG étudiantes :
"C'est évidemment fort discutable compte tenu du manque de rigueur des argumentations développées dans ce type de réunion. "Tout labeur donne du profit, le bavardage ne produit que disette", disent les Ecritures."
17 août 2006
Une petite vidéo, en attendant la rentrée...
Souvenirs... en Chanson française Môssieur !
Parce que les syndicats étudiants ne sont pas en vacances, nous pensons à vous...
19 mars 2006
L'après 18 Mars :
CPE : Villepin sous pression
Au lendemain de la manifestation contre le contrat première embauche, le Premier ministre chute de six points dans les sondages• Et doit faire face à un ultimatum des organisations syndicales et étudiantes pour retirer son texte d'ici lundi soir sous menace de grève générale.
LIBERATION.FR : 19 mars 2006 - 08:48
Dominique de Villepin va-t-il résister à la vague anti-CPE? Au lendemain d'une manifestation contre le contrat premier embauche qui a rassemblé plus de 1,5 millions de personnes dans les rues selon les syndicats (500000 selon la police), le Premier ministre se retreouve en chute libre dans les sondages et doit désormais faire face un ultimatum. Dans le dernier baromètre de popularité Ifop/JDD le Premier ministre perd ainsi six points tandis que Jacques Chirac gagne deux points. Villepin tombe à 37% d'indice de satisfaction, contre 43% le mois dernier, selon cette enquête effectuée en plein bras de fer avec les étudiants et les syndicats sur le contrat première embauche.
Dans le même temps, les syndicats de salariés et les principales organisations d'étudiants et de lycéens ont donné jusqu'à lundi à Dominique de Villepin et au président Jacques Chirac pour retirer le contrat première embauche, qu'ils menacent sinon d'une mobilisation «qui ira crescendo».
Le gouvernement et le chef de l'Etat «portent l'entière responsabilité des tensions sociales», a affirmé l'intersyndicale dans une déclaration publiée samedi soir à l'issue d'une troisième journée nationale de manifestations, dont elle a souligné la «formidable ampleur».
«En cas d'obstination, le gouvernement serait responsable de tous les débordements qu'il pourrait y avoir», a souligné Nicolas Gourc au nom de l'UNL, la principale organisation lycéenne, lors d'une conférence de presse.
Si nécessaire, l'appel à une journée de grève interprofessionnelle sera à l'ordre du jour dès lundi soir, ont précisé à Reuters les délégués de la CGT et de Force ouvrière.
Officiellement, aux termes de sa déclaration, l'intersyndicale se dit «résolue à obtenir le retrait du CPE» et annonce qu'elle se réunira lundi soir «pour décider des suites à donner à ce grand mouvement unitaire».
«C'est bien évidemment un ultimatum» au gouvernement, a déclaré René Valadon, secrétaire confédéral de Force ouvrière, lors d'une conférence de presse.
«Le gouvernement et le président de la République ont 48 heures pour décider. la seule chose qui nous guide, c'est le retrait du CPE et rien d'autre», a-t-il ajouté.
Le mot «ultimatum» a également été prononcé par le secrétaire général de la CFTC, Jacky Dintinger, et par Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT.
La plupart des responsables syndicaux, représentants de salariés comme d'étudiants, ont insisté sur le fait qu'ils n'avaient pas eu de contact avec le gouvernement au cours des dernières heures.
«Dès lundi matin, nous pensons qu'il faut qu'il y ait des débats et des assemblées dans les entreprises, les lycées, les universités pour que la poursuite du mouvement soit dans les mains de tous», a déclaré à Reuters Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT.
«Si le gouvernement ne prend pas la mesure de ce qui est en train de se passer, on va vers un grand mouvement social», a-t-elle estimé.
«C'est la première fois depuis 2002 qu'on sent un mouvement comme ça dans l'opinion, qui ira encore crescendo. Les gens se sentent concernés à double titre, en tant que salarié et en tant que parent», a-t-elle ajouté.
«Il ne faut pas non plus d'impatience quand on conduit un grand mouvement. Il faut faire très attention à ce qu'on fait», a remarqué Maryse Dumas. «Villepin a engagé une course de vitesse et nous une course de fond.»
12 mars 2006
LCI : Tour d'horizon d'un week-end animé
En visite samedi à la Sorbonne, quelques heures après l'évacuation par
la police des étudiants qui l'occupaient, Gilles de Robien a lancé un
appel aux "anti-CPE". A Toulouse, Rennes, Tours, Nantes, Le Havre,
Rouen. Grenoble... le mouvement de contestation continue. La
coordination nationale des étudiants a décidé d'organiser une journée
d'action nationale mardi 14.
L'évacuation de quelques centaines d'étudiants qui occupaient la
Sorbonne, symbole de l'université française et de Mai 68, n'a
apparemment pas entamé la détermination des jeunes anti-CPE qui ont
poursuivi dans le calme les occupations et blocages d'autres facs
malgré le week-end. La coordination nationale des étudiants, réunie
samedi soir à Poitiers, a décidé d'organiser une journée d'actions au
niveau national mardi 14, avant les journées de manifestation des
jeudi 16 et samedi 18. "Nous allons continuer à nous mobiliser", a
indiqué à l'AFP Nadjet Boubekeur, attachée de presse de l'Unef,
ajoutant que "si la loi sur le CPE n'est pas retirée le 18 au soir, la
coordination nationale a déjà décidé d'organiser une journée de
manifestation nationale le jeudi 23 mars".
"Agitation stérile"
En visite à la Sorbonne, évacuée par les forces de l'ordre, le
ministre de l'Education nationale a affiché samedi en début
d'après-midi sa fermeté en assurant que "celles et ceux qui ont appelé
au mouvement" seront tenus pour "responsables en cas de nouveaux
dérapages". Il a par ailleurs enjoint les étudiants non grévistes à
"convaincre les casseurs de cesser cette agitation complètement
stérile qui peut dégénérer en drame", les encourageant à "sauver" leur
année universitaire.
Gilles de Robien a longuement parcouru, couvertures d'ouvrages anciens
déchirés par les occupants nocturnes entre les mains, la cour
d'honneur et les couloirs de la Sorbonne, s'attardant dans des bureaux
d'enseignants et des salles de classe encombrés de tables et chaises
empilées façon barricades, de papiers, d'extincteurs et de portes
dégondées. Selon Nicolas Boudot, directeur adjoint de cabinet du
recteur de Paris et chancelier des universités, Maurice Quenet, le
coût et la durée du nettoyage n'ont pas encore été évalués. On ne
prend "pas le chemin d'une réouverture de la Sorbonne lundi", a-t-il
ajouté.
"C'est inadmissible d'avoir sorti les étudiants de la Sorbonne"
L'Unef a de son côté vivement condamné l'évacuation de la Sorbonne, où
quelque 300 jeunes étaient entrés par effraction vendredi. "C'est
inadmissible d'avoir sorti les étudiants de la Sorbonne : pour ramener
l'ordre, il faudrait qu'il y ait désordre", a déclaré Bruno Julliard,
son président, ajoutant que l'usage de la force était "illégitime et
scandaleux". Le maire de Paris Bertrand Delanoë a renchéri, estimant
que "la consigne donnée aux forces de l'ordre d'évacuer la Sorbonne
confirme l'incapacité du gouvernement à entendre la jeunesse de notre
pays". Samedi toute la journée, une trentaine de personnes ont
stationné place de la Sorbonne, entourés par des cordons de CRS et
gendarmes mobiles.
Ce coup d'éclat dans un lieu mythique de la mobilisation étudiante,
qui n'avait pas été occupé depuis Mai 68, n'a pas empêché les autres
universités en grève d'organiser blocages et occupations, dans le
calme et l'attente de nouvelles assemblées générales lundi. A Toulouse
II-Le Mirail, des accès étaient toujours bloqués et l'université était
occupée par quelques dizaines d'étudiants. Le président de cette
université, Rémy Pech, a condamné samedi les "violences policières" à
la Sorbonne et dit sa solidarité avec François Resche, président de
l'université de Nantes qui a demandé vendredi au Premier ministre de
suspendre le CPE. Ils ont été rejoints par Olivier Audéoud, président
de Paris X-Nanterre, qui a également demandé samedi la suspension du
CPE car "les tensions sont extrêmement vives entre étudiants pro et
anti blocage".
A Caen, des bâtiments sont occupés jusqu'à lundi, tout comme Rennes I
et II, l'IUT de Lannion (Côte d'Armor), le site des Tanneurs de
l'université de Tours, l'IUT de cette ville, la fac de Brest, des
bâtiments de Nantes, l'université du Havre et, partiellement, Rouen.
Grenoble II et III étaient toujours bloquées, de même que certains
accès de Grenoble I. A Dijon, le blocus se poursuit. A La Rochelle,
une dizaine d'étudiants ont passé la nuit de vendredi à samedi à la
présidence de l'Université qui avait refusé de prendre position sur le
CPE. Le pôle droit de Lille II et la fac de Lille III étaient toujours
occupés par quelques étudiants, comme dans le sud où des étudiants
occupent par roulement Montpellier III et Montpellier II.
(SOURCE : LCI)
25 février 2006
Article du journal Libération p.4
Emploi
Journal LIBERATION
A la fac de Brest, «plus ça va, mieux on s'organise»
Aux avant-postes de la mobilisation, les étudiants en lettres reconduisent la grève depuis le 14 février.
par Marie-Joëlle GROS
QUOTIDIEN : mercredi 22 février 2006
Brest envoyée spéciale
Des lettres géantes découpées sur les fenêtres annoncent : «Fac en grève avec blocus». Des chaises et des tables empilées barrent l'entrée principale. La faculté des lettres de Brest (4 500 étudiants) est entrée en grève le 14 février contre le contrat première embauche (CPE), dans le sillage de la fac de lettres de Rennes-II. Brest, c'est la pointe de la Bretagne aux avant-postes de la mobilisation, une poche de résistance qui hurle sur ses banderoles colorées : «Villepin passe en force, mobilisation !»
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Lundi, 800 étudiants entassés dans le plus vaste amphi de la fac ont à nouveau voté la reconduction de la grève. «On n'est pas partis de rien, explique un étudiant, cordon blanc noué autour du bras. Avant la grève, on a organisé des débats pendant trois semaines et tracté partout. Plus ça va, mieux on s'organise.» L'Unef est arrivée en renfort, mais une grande majorité des étudiants n'est pas syndiquée. Pour eux, cette mobilisation est une première expérience. Leurs revendications ne se limitent pas au CPE, elles englobent «la totalité de la loi sur l'égalité des chances, parce que c'est pas possible que notre pays prenne ce virage-là», dit Fanny, étudiante en psycho. Elle énumère : «Le CPE, l'apprentissage à 14 ans, le travail de nuit pour les jeunes... Je n'ai pas envie de vivre ça, je ne veux pas que ça arrive à mes proches. Et par respect pour tous ceux qui ont lutté avant nous pour faire progresser les droits sociaux dans ce pays, je vote le blocus.»
Bienveillance. Cette fac-là ressemble à un laboratoire pour grévistes inventifs. Dans le hall, un atelier d'écriture ouvert à tous. Dans les amphis, des projections de documentaires sur les mouvements sociaux de l'année 2000. A l'étage, au milieu de bombes de couleur, un atelier de fabrication de banderoles. Jean-Claude Gardes, doyen de l'UFR de lettres, souligne «le sens des responsabilités» des grévistes, même s'il ne cautionne pas «tous les modes d'action retenus». N'empêche, bon nombre d'enseignants et de personnels de la fac soutiennent le mouvement initié par les étudiants. «Tout est parti des diminutions de postes au concours. Je comprends leurs inquiétudes, cette mesure est scandaleuse», résume le doyen de l'UFR.
Premiers à entrer en ébullition, début janvier, les étudiants en éducation physique de la fac de sciences : avec 50 % de postes en moins ouverts au concours dans leur filière, l'annonce a été perçue comme une provocation. Quelques jours plus tard, Villepin lance le CPE. La fac de lettres entre à son tour dans la danse. «Dans le public comme dans le privé, voilà l'avenir que le gouvernement réserve aux jeunes !» tonnent les étudiants. Le 7 février, ils sont entre 8 000 et 10 000 à défiler dans les rues de Brest. Une semaine plus tard, la fac de lettres vote la grève.
«C'est pas facile de prendre une décision pareille, explique une étudiante. Mais c'est la seule solution pour être tous sur le même rythme.» Et de dégager du temps pour mettre au point «des actions symboliques». Comme de se rendre à l'inspection académique, des cordes nouées autour du cou pour dénoncer les diminutions de postes au concours. Ou de fabriquer un cercueil symbolisant «l'enterrement du code du travail». Demain, ils comptent emmener le plus d'étudiants possible en manifestation. Ensuite, les vacances universitaires commenceront en Bretagne. «Mais on manifestera encore le 7 mars, avec les autres villes.»
Résistance. En attendant, ils sont chaque jour sur le pont. Quand Jospin vient dédicacer son livre à Brest le 17 février, les grévistes s'invitent à la tribune. Ils envahissent un McDo et un centre commercial, courent coller des affiches dans les facs voisines. La fac de droit résiste, comme souvent. «A quoi ça sert de bloquer votre fac ? demande une étudiante en droit. Vous passez en force, exactement comme Villepin !» Un garçon : «Villepin a utilisé le 49.3 parce que la gauche a foutu sa merde à l'Assemblée. C'est qui le plus antidémocratique ?» Une fille : «Qu'est-ce que vous appelez précaire ? Le chômage touche les jeunes en priorité et vous êtes prêts à refuser de signer un CPE si on vous le propose ? !» «Ils ne connaissent rien au droit du travail, c'est grave pour des juristes», accuse une militante anti-CPE. ça sonne sur les portables : «L'IUT de Lorient est en grève pour la première fois ! ça prend !»
Article du Nouvel Obs' Blocus de la CCI
Des étudiants mobilisés à Brest
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NOUVELOBS.COM | 22.02.06 | 10:04![]()
Une centaine d'étudiants de la faculté de lettres de Brest bloquait mercredi matin les accès à la chambre de commerce et d'industrie de la ville.
Une centaine d'étudiants de la faculté de lettres de Brest (Finistère) bloquait, mercredi 22 février les accès à la chambre de commerce et d'industrie de la ville pour protester contre l'adoption du contrat première embauche.
Sylvain Dubreuil, président de la section UNEF, indique qu"Il s'agit d'une action symbolique. Laurence Parisot, présidente du Medef, a dit que la liberté s'arrêtait où commençait le code du travail. Nous, on veut montrer qu'on ne laissera pas les patrons en liberté tant qu'ils remettront en cause le code du travail".
La manifestation, devait prendre fin vers 09H30, a-t-il précisé.
Les étudiants ont reconduit jusqu'à jeudi soir un blocus de la faculté des lettres et sciences humaines entamé le 15 février pour protester également contre "l'importante diminution", selon eux, des postes aux concours de recrutement de professeurs.
Sénat : les astuces de la droite pour vite régler le cas CPE
Sénat : les astuces de la droite pour vite régler le cas CPE
La gauche dénonce un usage du règlement qu'elle baptise «49-3 de fait».
par Muriel GREMILLET
QUOTIDIEN Libération : samedi 25 février 2006
De mémoire de sénateurs, des journées comme celle de vendredi et celles qui s'annoncent la semaine prochaine sont rares. Par rares, il faut comprendre animées. La reprise de l'examen du texte sur l'égalité des chances, qui inclut le contrat première embauche (CPE), a donné lieu à de nouvelles querelles de règlements, de nouveaux chahuts... «Ce n'est pas rare, je vous jure, assurait un sénateur PS. Par exemple, sur la loi Fillon sur les retraites, on s'était bien battu. Sur ce point, on n'a rien à envier à nos collègues de l'Assemblée nationale.» Si ce n'est qu'au Sénat la droite est «totalement muette, selon Nicole Borvo, la présidente du groupe communiste. Le gouvernement présente ses textes et ensuite se moque de la discussion».
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Sous-alinéas. Une discussion qui doit se terminer au plus tard le dimanche 5 mars. La conférence des présidents, qui réunit notamment les présidents des groupes, a annoncé vendredi que deux jours et demi de débats supplémentaires ont été dégagés pour venir à bout du texte qui instaure aussi l'apprentissage junior, dès 14 ans. Pour accélérer les discussions, toutes les astuces nichées dans les sous-alinéas du règlement du Sénat sont utilisées. En contrepartie, les présidents des groupes de gauche et les centristes ont obtenu que l'amendement créant le CPE n'arrive que lundi en discussion. «Mais méfiance, note David Assouline, sénateur (PS) de Paris. On n'est pas à l'abri d'un sale coup.»
La droite sénatoriale a repris la course de vitesse. Un tri drastique est fait dans les 818 amendements déposés sur le texte grâce notamment à l'examen «un par un». Qui, contrairement à ce que son nom semble indiquer, accélère les discussions en faisant immédiatement tomber ceux qui n'ont aucune chance d'être adoptés. Autre astuce gouvernementale, le recours à l'article 40 de la Constitution, qui permet d'écarter des amendements qui diminueraient des ressources publiques ou aggraveraient une charge. «C'est comme ça au Sénat, note, gourmand, le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher. Beaucoup de choses se jouent au règlement.» Un usage du règlement baptisé «49-3 de fait» par toute la gauche qui interdit le droit d'amendement, pourtant «la base du travail parlementaire», note un élu du PCF.
Toile. Dans ce climat tout aux arguties, le fond est oublié. Il a tout de même été abordé, mais uniquement par l'opposition, qui a l'air d'être la seule à s'intéresser au sujet. En séance, la Verte Dominique Voynet a notamment contesté l'apprentissage junior, en réfutant l'idée qu'à cet âge-là on puisse «choisir un métier, alors qu'on est un enfant». Dans sa réponse, Gilles de Robien, ministre de l'Education, a ironisé en estimant que «grâce à la Toile, aux nouvelles technologies, un jeune de 14 ans est beaucoup plus en avance qu'il y a vingt ou même trente ans». A droite, d'ailleurs, on ironise, pas plus. On invective aussi, spécialement les femmes... «Je remarque d'ailleurs que les ricaneurs n'ont pas beaucoup discuté du fond», s'énervait Voynet. Demandant la fin des «ricanements et tutoiements». En vain.
Article de Libération
CPE : Tolbiac occupé puis fermé, Lille-III occupé
par Marie-Joëlle GROS
QUOTIDIEN : samedi 25 février 2006
Le président de l'université Paris-I, Pierre-Yves Hénin, a décidé vendredi matin de fermer le centre Pierre-Mendès-France (Tolbiac) «pour des raisons de sécurité». La veille, 300 étudiants réunis en assemblée générale avaient voté l'occupation et le blocage de leur université. Ils ont dormi dans les locaux et organisé des piquets de grève. «Le centre est classé immeuble de grande hauteur et une occupation de nuit peut être dangereuse pour la sécurité, mais nous avons laissé faire. Toutefois, des dégradations ayant eu lieu et les occupants ayant récupéré du matériel de chantier à l'extérieur des locaux et l'ayant installé dans les lieux, nous avons considéré que la circulation était devenue impossible dans cet espace confiné et avons décidé de fermer le centre», explique la présidence de Paris-I, qui semble également redouter des affrontements entre grévistes et non-grévistes. Dans l'après-midi, les grévistes ont tenu une assemblée générale et décidé de se rendre à Toulouse ce samedi, nouveau rendez-vous de la coordination nationale des militants anti-CPE. Depuis mercredi, des étudiants de l'université de Lille-III bloquent également l'accès à leur faculté et y ont dormi deux nuits de suite. L'occupation cesse pendant le week-end mais devrait reprendre lundi, prévient l'Unef.
18 février 2006
Jeudi, l'UBO motivée !...
Vendredi 17 février 2006. O.F Contre le CPE, la mobilisation continue McDo investi, Leclerc ceinturé, Sciences hésitantes, Lettres en action Hier, 500 étudiants ont improvisé un pique-nique au McDo. Et 400 manifestants ont cerné le Centre Leclerc. Les opposants au Contrat première embauche et à la réduction des postes aux concours de l'enseignement s'activent. Mais les opposants se font aussi entendre. Le blocus est contesté. Comme en Lettres, mais aussi en Sciences où se tenait la première assemblée générale. • Tous chez MacDo ! Pour cette journée d'action, les étudiants grévistes de la faculté des Lettres et Sciences sociales avaient promis une surprise. Hier matin, il est 11 h 30 passées, quand le sifflet retentit. Comme d'un seul homme, les quelque 500 étudiants qui manifestaient en remontant la rue Jean-Jaurès, s'engouffrent dans le McDonald's de Coat-ar-Gueven. Dans une ambiance bon enfant, ils y pique-niquent jusqu'à 13 h, bloquant les entrées mais dégustant les chips et sandwichs qu'ils ont apportés. Ils dénoncent : « McDo, le symbole de l'emploi précaire ». • Les lycées sont dans la place. À l'Iroise, la grève est votée par environ 250 jeunes, de source lycéenne. À la cité de Kérichen, ils sont entre 200 à 300 (de source lycéenne) à se sentir concernés par le combat contre le CPE, et la façon « peu démocratique » avec laquelle il s'est imposé. À Lanroze, Dupuy-de-Lôme, et l'Harteloire, des élèves rejoignent le mouvement de contestation. Tous se rejoignent en début d'après-midi, place de la Liberté. Au plus fort du rassemblement, ils sont entre 500 et 600. Mais, leur mouvement tiendra-t-il jusqu'à plus tard que ce soir, au moment où commencent les vacances de février qui vont durer quinze jours ? • Deuxième assemblée générale, lundi, à la fac de sciences. Beaucoup espéraient que la fac de sciences (3 150 étudiants) rejoindrait la grève initiée par la fac de lettres et science sociales mardi. C'était compter sans une forte opposition. Il est 14 h. Dans un amphi plein, la première assemblée générale de la fac des sciences démarre. Ils sont environ 400, mais une moitié vient d'autres facultés et de l'IUT. Rapidement, les opposants prennent la parole. La technique du blocus cristallise beaucoup d'oppositions. « C'est anti-démocratique. Que ceux qui veulent manifester le fassent, mais qu'ils laissent les autres aller en cours ! », déclare Enguerran Aubert, le nouveau président de la Fédé B, structure qui fédère des associations de l'UBO. De leur côté, les anti CPE ne veulent pas être des « salariés jetables », licenciables sans motif durant deux ans. Pour eux, le blocus permet à tous les étudiants, grévistes ou non, de rester au même niveau. Le président de l'UDB préférerait que la contestation se limite à suivre les mouvements nationaux. Il s'en prend aux assemblées : « De la manipulation d'esprit ! » Les pro CPE reconnaissent que deux ans de période d'essai, c'est long et qu'un an aurait suffi. Finalement, il y aura bien vote... mais pour approuver la tenue de la deuxième assemblée générale, qui aura lundi, à 15 h 30. • Le blocus est reconduit à la fac des lettres. L'université Victor-Segalen est bloquée par les étudiants grévistes depuis mercredi matin. Hier après-midi, environ 600 étudiants de la fac des lettres étaient réunis en assemblée générale. La majorité d'entre eux a voté la reconduction de la grève avec blocus « jusqu'à la prochaine assemblée générale prévue lundi à 14 h 30 ». Dans l'amphithéâtre, chacun a pu s'exprimer et pour la première fois, les « anti-grèves » ont pris la parole. « Je suis contre ce blocus, a ainsi dit Tanguy, élève de première année en LEA. Je suis d'accord avec vos revendications, mais moi, je n'ai pas envie de faire grève. Il n'est pas normal que vous nous forciez la main en bloquant les accès à l'université. » Tous les étudiants ont salué « le courage » de cette déclaration. Mais dans l'amphi, la majorité était en faveur de la grève et l'a fait savoir. « Certains ont peur de louper leurs partiels, leur année et je les comprends. Mais moi, j'ai encore plus peur pour mon avenir », a dit cet étudiant, fermement opposé au CPE (Contrat première embauche). Trois étudiants brestois se rendront à Rennes samedi après-midi pour rencontrer d'autres représentants d'universités en grève. • Une chaîne humaine autour du Centre Leclerc. Il est 16 h. Les étudiants rejoignent les lycéens, place de la Liberté. Ils sont environ 400 à prendre la direction du Centre Leclerc du centre ville, 16 rue 2e DB. Les entrées sont bloquées (mais ceux qui sortent peuvent passer). Les manifestants dénoncent « la grande distribution, ses emplois précaires et ses pratiques libérales : temps partiels, horaires tardifs, salaire modique ». Laurence GUILMO avec Solange ESTEVES. |



Première assemblée générale à la fac de sciences. L'amphi est plein, mais une moitié vient d'autres facultés et de l'IUT. Les « pour » et les « contre » s'affrontent dans un débat instructif et relevé. La grève n'est pas votée, même pas dans son principe. Dommage pour leurs collèges de Victor-Segalen qui espéraient une mobilisation plus forte. 

