UNEF Brest

Infos, nouvelles, rendez-vous des syndicalistes étudiants à la pointe du bout du monde.

08 février 2007

Le Gouvernement de Villepin fait encore des siennes, un an après la proposition de la loi sur l'égalité des chances.
Où en est-on de leur vision de la politique universitaire après le mouvement étudiant que nous avons connu en 2006 ?
Visiblement M. Le Ministre ignore toutes les propositions étudiantes que nous revendiquons pour notre avenir...

( n'hésitez pas à commenter et critiquer l'article du Monde présentant les nouvelles  interventions du 1er Ministre à propos de notre Enseignement Supérieur)




Université : Dominique de Villepin propose de moduler les droits d'inscription

LE MONDE, 7 février 2007


Dominique de Villepin a inauguré, mercredi 7 février, le nouveau campus de 90 000 m2 de l'université Paris-VII. Suggérant de moduler les droits d'inscription dans les universités - jusqu'à 2 000 euros pour les familles les plus aisées - et de faire rentrer les entreprises dans les conseils d'administration, le premier ministre a profité de cette tribune pour rouvrir le débat sur la formation et l'université, un an jour pour jour après la première manifestation étudiante contre le CPE.

"Nous pourrions, par exemple, moduler les droits d'inscription en fonction des ressources de l'étudiant et de ses parents", a déclaré M. de Villepin, en expliquant : "Un système qui fait payer 2 000 euros par an aux étudiants aisés et rien à ceux qui ont le moins de ressources, n'est-ce pas plus juste qu'un système qui fait payer 300 euros à tout le monde ?" Dressant le constat d'échec d'un système universitaire d'où, "chaque année, plus de 80 000 jeunes sortent sans rien (...), soit un étudiant sur cinq", précisant que "30 % des bacheliers techniques et 60 % des bacheliers professionnels quittent l'enseignement supérieur sans aucun diplôme", il propose aux Français de "regarder la réalité en face".

Pour remettre l'université française au niveau des standards internationaux, le premier ministre estime qu'il faudra bien plus que les 7 000 euros dépensés en France, par an et par étudiant. Outre l'augmentation des droits d'inscription, compensée par "le développement massif des bourses et des prêts étudiants", avec, par exemple, la mise en place d'un prêt à taux zéro pour chaque étudiant, il suggère de développer les liens avec l'entreprise. Le premier ministre propose de "resserrer" le conseil d'administration des universités, qui repose aujourd'hui sur la multiplication de conseils élus, et de l'ouvrir aux représentants des entreprises. Car ce sont ces dernières qui sont pressenties pour contribuer au développement de l'université : pour offrir des "primes aux enseignants-chercheurs", des "stages de six mois pour tous les étudiants" et développer les"formations professionnalisantes", comme les licences professionnelles.

Ce sont enfin elles qui seront mises à contribution pour financer en partie les "dix nouveaux campus universitaires" que M. de Villepin propose de construire "en cinq ans". Un chantier évalué entre 5 et 10 milliards d'euros. En revanche, M. de Villepin s'oppose à la proposition de sélection à l'entrée : proposant un simple système "d'avis" lors de la préinscription, il estime que "la décision d'inscription doit revenir en définitive à l'étudiant".

Christophe Jakubyszyn

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10 janvier 2007

L'UNEF Brest vous souhaite une excellente année 2007

La nouvelle année ne doit

pas faire oublier aux

responsables politiques les

attentes exprimées par la

jeunesse en 2006

A l’occasion des cérémonies de présentations des vœux, l’UNEF rappelle son exigence de voir prises en compte les attentes de la jeunesse et entend peser dans le débat public des prochains mois. Les prochaines échéances électorales ne doivent pas conduire ni à des effets d’annonces qui sont à l’opposé de toutes les politiques menées depuis 5 ans, ni à la dénaturation de revendications pourtant exprimées clairement par la jeunesse depuis de nombreux mois.

> Annonces du Président de la République : « Ce que nous n’avons pas fait depuis 5 ans est la garantie de ce que nous ferons demain… »

L’UNEF s’étonne de la subite prise de conscience du Président de la République concernant l’état de l’enseignement supérieur. Si toute prise de conscience, même tardive, constitue un point positif, l’UNEF regrette que ces engagements interviennent à quelques mois d’échéances électorales. Ainsi, il s’agit au mieux de promesses de campagnes, au pire d’annonces qui n’engagent personne. Alors même que depuis 5 ans l’écart entre les dépenses étudiantes et les aides s’est creusé de 17 points, que l’augmentation du budget de l’enseignement supérieur suit à peine l’inflation, cette hausse de 30%, qui constituerait une augmentation budgétaire de 8 milliards d’euros, est une bonne initiative mais bien tardive… Depuis de nombreuses années, le retard pris par notre pays s’est amplifié en matière d’aides sociales aux étudiants, en matière de moyens pour les établissements ou de financements de formations et de programme de recherche.

> Proposition de Ségolène Royal d’un prêt de 10.000 euros :

L’UNEF réaffirme son attachement à une Allocation d’Autonomie pour tous les jeunes, seule aide qui changera véritablement la donne Alors qu’en 2006 les jeunes se sont massivement exprimés pour dénoncer la précarité dans laquelle ils sont aujourd’hui enfermés, l’UNEF s’inquiète de l’abandon par Ségolène Royal du projet d’allocation d’autonomie, seul moyen réel pour rompre avec un système d’aides sociales aux jeunes à la fois injuste et insuffisant. Un prêt de 10.000 euros ne saurait constituer une réponse appropriée pour les milliers de jeunes qui prendraient d’importants risques d’endettements, qu’ils soient étudiants ou en insertion professionnelle. Cette mesure, mise en place en grande Bretagne, montre ses limites en créant d’importants arrêts anticipés d’études ou de surendettement. L’UNEF réaffirme sa volonté de voir se mettre en place un Statut Social de la Jeunesse permettant à la fois de garantir aux jeunes leur droit à l’autonomie et de sortir de la précarité.

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20 décembre 2006

Le gouvernement renonce définitivement à la sélection à l'entrée du Master !

La DGES confirme l'arrêt des discussions sur la sélection à l'entrée du master

La DGES (direction générale de l'enseignement supérieur) a confirmé lundi 18 décembre 2006, lors du CNESER, que "la discussion sur la révision de l'arrêté master ne porte plus sur une évolution des conditions d'admission", affirme l'UNEF. Ainsi, "la possibilité pour les universités de sélectionner les étudiants après la licence est définitivement abandonnée", se félicite le syndicat étudiant.

Les ministres Gilles de Robien et François Goulard avaient déjà annoncé le 15 décembre leur volonté de ne pas instaurer de "sélection après la licence". "Un tel principe serait contraire à l'esprit de la loi de 1984 que le gouvernement n'entend pas modifier", ajoutaient-ils (L'AEF du 15/12/2006). Or, d'après l'UNEF, la DGES avait déclaré "maintenir sa volonté de permettre aux universités qui le souhaitent de sélectionner après la licence", lors du comité master du 15 décembre (L'AEF du 15/12/2006).

Jean-Michel Jolion, élu au CNESER et président du comité de suivi master, confirme à L'AEF que la DGES a apporté des précisions après la réunion du comité de vendredi: "Elle a annoncé que la maîtrise des flux à l'entrée du master était retirée de la concertation sur le master."

L'UNEF "se félicite de cette victoire". Elle a été "obtenue grâce à une campagne de pétitions massive auprès des étudiants, et au rejet par plusieurs conseils d'administration d'universités d'une possible sélection à l'entrée du master". Le syndicat "espère que cette clarification permettra de voir s'ouvrir de larges discussions sur l'ensemble des cursus LMD, sur les moyens de lutter contre l'échec en premier cycle, mais également sur la question des masters".

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03 décembre 2006

A l'espace étudiant, couloir des assos (1er étage de Ségalen)

LUNDI 4 DECEMBRE,

16h30 à l'espace étudiant de la Fac Victor Ségalen,

l'UNEF ainsi que Brest Education Sans Frontières organisent une rencontre entre les étudiants et Milana Terloeva, jeune étudiante tchétchène, auteur du livre "Danser sur les ruines".


Son livre est un journal intime autant qu'un journal de guerre, elle y développe sa vie et l'histoire récente de son pays meurtri.

Son livre est disponible à la Librairie Dialogues : "Danser sur les ruines" (Hachette Littératures)

Venez nombreux !

terloeva

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29 novembre 2006

Opération 1 Café, 1 Préso : VENDREDI 1er Décembre 2006

Dans toutes les Cafétérias de l'UBO,

rendez-vous avec l'UNEF, la LMDE et le CROUS

pour une vaste opération de prévention

dans le cadre de la journée SIDACTION :

Comme tous les ans, la LMDE organisera partout en France en partenariat avec l'UNEF et le CROUS des campagnes de prévention sur le thème du SIDA. Sur Brest, vous retrouverez des conseillers mutualistes LMDE ainsi que des militants UNEF sur des stands au sein même des Restaurants Universitaires ou cafétérias du CROUS. L'opération est intitulée "une boisson chaude, un préservatif". Ainsi, lorsque vous vous achèterez un café ou un thé, le personnel de restauration vous remettra un préservatif.

Vous serez également invités à échanger sur les stands, des documentations seront mises à votre disposition.

kamasutra

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Droits des étudiants étrangers : le temps des conquêtes pour l'UNEF

Etats Généraux : 350 étudiants

réunis à Paris obtiennent

des premières avancées

pour les étudiants étrangers

sarkozy_airlines

Samedi 18 novembre, 350 étudiants se sont réunis aux Etats Généraux « pour de meilleures conditions d’accueil et d’études des étudiants étrangers », organisés par l’UNEF et 42 associations d’étudiants étrangers, suite à une vaste campagne menée dans les universités.

La journée a été l’occasion d’aborder l’ensemble des problèmes rencontrés par les étudiants étrangers autour de nombreux acteurs de l’enseignement supérieur, et d’adopter une plateforme de revendications.

L’interpellation des représentants des différents ministères concernés par la problématique des étudiants étrangers (ministère de l’Education Nationale, de l’Intérieur et des Affaires Etrangères) a conduit à l’annonce d’une série de mesures qui constitue une première victoire pour les étudiants. En effet, plusieurs des revendications exprimées dans la plateforme, adoptée par l’UNEF et 42 associations d’étudiants étrangers, ont été satisfaites.

> L’autorisation administrative de travail n’est plus nécessaire

Alors que pour travailler, les étudiants étrangers devaient nécessairement obtenir une autorisation préalable de l’administration, celle-ci n’est désormais plus nécessaire. La carte de séjour « étudiant » seule permettra aux étudiants étrangers de se salarier sans autres procédures dès janvier 2007.

> Les étudiants étrangers peuvent à nouveau travailler 21 heures par semaine (janvier 2007)

Alors que depuis 2003, les étudiants étrangers ne pouvaient travailler au-delà de 17h30 hebdomadaire, désormais la limite légale s’élève à 21h par semaine. Les étudiants étrangers n’ayant pas accès aux aides sociales étudiantes, le salariat est souvent la seule solution pour vivre.

> Des cartes de séjour pluriannuelles ?

Le ministère de l’intérieur a ouvert la possibilité de délivrer des cartes de séjour pluriannuelles (jusqu’à 3 ans) pour les étudiants étrangers inscrits dans une formation menant au Master. L’UNEF se félicite qu’un premier pas soit effectué pour mettre fin aux titres de séjour strictement annuels et demande que ce dispositif soit désormais étendu aux premiers cycles universitaires. L’UNEF demande à être associée aux discussions sur les décrets d’application comme se l’est engagé le représentant du ministère de l’intérieur présent aux Etats Généraux.

Ces mesures constituent un premier pas pour l’amélioration des conditions d’accueil et d’études des étudiants étrangers en France. L’UNEF restera vigilante quant à l’application réelle de ces avancées et le calendrier de leurs mises en œuvre. Cette première victoire intervient alors que l’on constate un redoublement du nombre d’expulsion d’étudiant en situation irrégulière. L’UNEF rappelle sa ferme opposition à toute expulsion d’étudiants sans papiers.

De nombreuses revendications de la plateforme restent aujourd’hui non satisfaites, notamment en matière sociale. L’UNEF entend poursuivre le combat qu’elle a initié aux côtés des 42 associations d’étudiants étrangers et faire de la situation des étudiants étrangers un thème majeur des échéances politiques à venir et de débat dans les universités.

Posté par Unef Brest à 19:32 - Contre l'immigration jetable - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2006

Le tribunal administratif de Rennes a tranché : l'UNEF applaudit

Elections au CROUS du 21 MARS 2006 annulées :

un soulagement pour la démocratie étudiante !

L'UNEF Finistère se félicite de l'annulation des élections pour le CROUS de Rennes qui s'étaient déroulées le 21 Mars dernier en plein mouvement étudiant contre la loi sur l'égalité des chances.

La décision du Tribunal administratif remet en cause ces élections étudiantes majeures, hautement perturbées et en soi anti-démocratiques, puisqu'une infime partie des étudiants avaient pu se rendre aux urnes (perturbations dans les bureaux de vote, saccages des urnes et absence de nombreux étudiants à cause des blocus).

Le CROUS de Rennes réunira prochainement une commission électorale, afin de fixer les dates d'une prochaine élection des représentants étudiants pour la défense de nos oeuvres sociales.

L'UNEF avait à cette époque défié longuement un ministère purement décidé à maintenir la tenue des élections, au profit d'organisations étudiantes minoritaires et collaboratrices de notre gouvernement en crise.

C'est avec un grand soulagement que nous constatons que les élections au CROUS pourront se dérouler dans un climat nous l'espérons plus serein et c'est en toute confiance et avec fierté que nous appelons tous les étudiants à se rendre aux urnes pour se réapproprier leur véritable pouvoir de décider.

logo_unef

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03 novembre 2006

pour une Allocation d'autonomie, pour tous les étudiants

LUNDI 6 NOVEMBRE 18h,  Réunion UNEF

sur l'Allocation d'Autonomie

Rendez-vous à 18h au local UNEF B104

de la Fac de Lettres

Alors même que nous sommes en réflexion sur le statut social de l'étudiant, cette rencontre sera l'occasion de réfléchir autour de la question de l'allocation d'autonomie. Cette réunion est ouverte à tous, puisqu'elle concerne tous les jeunes, venez nombreux pour alimenter la réflexion et connaitre ce projet majeur porté par l'UNEF.

RasleQ

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Le 4 novembre 2006 : honneur aux STAPS

Première rencontre Etudiante

sur le Sport

et les STAPS

Tout le monde s’accorde sur le nécessaire développement du sport en tant que pratique sociale. Pourtant, alors qu’ils en expriment souvent l’envie, les étudiants ne sont qu’une petite minorité à pratiquer un sport. Des questions se posent également sur la formation des professionnels du sport et sur l’insertion des étudiants STAPS.

L’UNEF le SNEP et l’UNEES ont souhaité réunir les principaux acteurs des activités physiques et sportives pour trouver des réponses aux difficultés rencontrées. Cette première rencontre nationale doit nous permettre de nous organiser et faire entendre nos propositions.

> Invités :

FFSU (Fédération Française Sport Universitaire) LMDE (La Mutuelle des Etudiants) CPU (Conférence des Présidents d’Universités) MPU (Médecine Préventive Universitaire) C3D (Conférence des directeurs d’UFR de STAPS) AEEPS (Association des Enseignants en EPS) SNESUP (Syndicat National de l’Enseignement Supérieur) Ministère de l’Education Nationale Ministère de l’Emploi Ministère de la Jeunesse et du Sport La direction région île de France de la jeunesse et des sports La direction jeunesse et sport de la mairie de Paris CGT (Confédération Générale du Travail) ONMAS (Observatoire National des Métiers de l’Animation et du Sport) Cosmos (Conseil Social du Mouvement Sportif).

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27 octobre 2006

Analyse du rapport Hetzel par l'UNEF (Tribune Libération)

Dans le rapport Hetzel, remis mardi, rien n'est prévu pour lutter contre l'échec avant la licence.

Université, priorité au premier cycle

unmondepr_caire

Par Bruno JULLIARD

QUOTIDIEN Libération : vendredi 27 octobre 2006

Bruno JULLIARD président de l'Unef.

 

Au sortir de la crise du contrat première embauche, le gouvernement avait mis en place la commission Hetzel, chargée de réfléchir au lien entre l'Université et l'emploi. Nous avions alors mis en garde contre une volonté d'évincer les étudiants et les autres acteurs de la communauté universitaire en nommant une commission d'experts. Nous avions également indiqué qu'une réforme de l'Université ne pouvait se limiter à la question de l'insertion professionnelle des étudiants, mais devait aussi porter sur les aspects pédagogiques et sociaux.

Nos craintes étaient malheureusement fondées : les propositions de la commission, reprises par Dominique de Villepin, oscillent entre le détail et la démagogie. Aucun financement n'est annoncé pour la mise en place des bonnes intentions comme l'amélioration de l'information des bacheliers ou l'accompagnement individualisé des étudiants qui nécessitaient des moyens considérables. Rien n'est prévu pour lutter contre l'échec à l'Université. Quant à la professionnalisation des études, on ne peut émettre le vœu que les étudiants sortent bilingues de l'Université sans remettre en cause les cours de langues à soixante-dix étudiants !

Les réformes sont urgentes. Pour les mener à bien, encore faut-il que la tonalité du débat public le permette. Chacun en est responsable. Les interventions du gouvernement et du Medef instrumentalisent les difficultés de l'Université pour affaiblir le service public. On présente certains cursus comme des filières poubelles et sans débouchés, au mépris d'une étude attentive des chiffres qui montre que le diplôme est toujours la meilleure arme contre le chômage, et que certaines filières décriées, comme la psychologie ou le sport, ont des taux de chômage bien inférieurs à la moyenne.

Ces attaques paralysent le débat, et l'enferment de manière stérile entre les fossoyeurs du service public et les gardiens du temple hostiles à toute réforme. Les étudiants entendent être le moteur de changements, au service de la démocratisation de l'enseignement supérieur.

Danger_tudiant

Alors que les publics accueillis par l'Université ont considérablement changé depuis quarante ans, les formations universitaires n'ont que peu évolué, restant tubulaires, disciplinaires et orientées dans l'objectif de préparer les étudiants à la recherche ou à l'enseignement. L'évolution de l'offre de formation s'est faite de manière cloisonnée, organisant une distinction entre filières générales et professionnelles. Or, cette opposition n'a pas lieu d'être et c'est bien l'ensemble des formations qui doit être «professionnalisant», chaque diplôme permettant à la fois de poursuivre des études et de s'insérer sur le marché du travail.

Cependant, les formations ne doivent pas être calquées sur les besoins à court terme des entreprises. Les carrières professionnelles ont évolué, et rares sont ceux qui, demain, commenceront et finiront leur carrière avec le même emploi. Ainsi, aujourd'hui, seuls 50 % des salariés occupent un emploi en lien direct avec leur formation. La formation supérieure doit donc apporter au futur salarié un socle de connaissances générales, lui permettant de s'adapter à plusieurs postes de travail. Le contenu des formations universitaires doit évoluer, en intégrant notamment des modules de préparation du projet professionnel.

Les qualifications transversales indispensables à l'insertion professionnelle (langues, informatique...) doivent être enseignées systématiquement, afin que tout diplômé ait les instruments de sa réussite professionnelle.

L'orientation doit être plus progressive et les cursus d'avantage pluridisciplinaires.

Les filières courtes professionnelles (IUT, BTS), essentiellement utilisées par les meilleurs bacheliers pour contourner les premières années à l'Université, doivent redevenir des filières d'ascension sociale et davantage s'ouvrir aux bacheliers technologiques et professionnels.

Les stages doivent être réglementés, mieux encadrés pédagogiquement et généralisés à tous les cursus. Par exemple tout diplômé de licence devrait avoir effectué au moins un mois de stage. Enfin, le temps de recherche du premier emploi s'allongeant sans être couvert socialement, il est nécessaire de prolonger les aides sociales étudiantes jusqu'à l'obtention d'un premier emploi.

20 % des étudiants sortent sans diplôme de l'enseignement supérieur. La réforme de l'Université doit avant tout s'appuyer sur des mesures de lutte contre l'échec en premier cycle. Accueillant tous les étudiants sans distinctions sociales ou scolaires, les filières universitaires disposent paradoxalement de deux fois moins de moyens attribués par l'Etat que les classes préparatoires ou les grandes écoles, qui sélectionnent leurs étudiants.

Il est nécessaire de faire de la licence une priorité budgétaire, et d'accorder les moyens humains et financiers permettant une pédagogie individualisée et interactive. Ainsi, s'il est indispensable de réformer l'orientation, il faut d'abord revaloriser pédagogiquement les premiers cycles universitaires, faute de quoi ils resteront toujours des «filières poubelles».

Le temps de l'orientation est aujourd'hui malheureusement avant tout celui de la reproduction sociale. Le premier levier d'amélioration de l'orientation est la mise en place d'un vrai suivi individualisé du jeune. Il y a, dans le secondaire, un conseiller d'orientation pour 2 000 élèves et un pour 10 000 dans le supérieur. Le gouvernement a baissé depuis cinq ans de 75 % les postes de conseillers d'orientation ouverts aux concours.

Longtemps laissé pour compte par les politiques publiques, l'enseignement supérieur doit être au coeur du débat public et constituer une priorité des candidats à l'élection présidentielle. Loin derrière la majorité des pays de l'OCDE, la France a besoin, pour progresser économiquement et socialement, d'augmenter considérablement le nombre de jeunes diplômés de l'enseignement supérieur. Ce dessein ne verra le jour qu'avec des réformes ambitieuses et concertées.

PlacedelaPrecarite

Posté par Unef Brest à 20:44 - Précarité étudiante - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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