20 juillet 2007

Réforme des Universités

Alors que le projet de loi Pécresse sur la réforme de l’Enseignement Supérieur actuellement à l’étude au Parlement, l’UNEF Brest tenait à adresser un signal d’alarme :

Il est trop facile pour le gouvernement de refuser de donner les moyens à l’Université de fonctionner correctement pour ensuite lui reprocher d’être la cause de la défaite nationale contre le chômage. Sous couvert d’insertion professionnelle, on peut craindre que les licences « professionnelles » soient asservies au marché du travail à court terme, fabriquant des ouvriers spécialisés, incapables d’évolutions professionnelles ; quand aux autres formations, moins rentables en termes de statistiques immédiates, tout simplement rayées de la carte. C’est marcher sur la tête et oublier complètement d’autres missions de l’Université, la création et la diffusion du savoir, facteur de développement social, qu’il faut mener de front avec une démarche réellement ambitieuse d’insertion professionnelle.

Le projet de loi entraîne en outre la fin de la démocratie à l’Université, et l’explosion de cette communauté : le président de l’Université, non plus élu par les membres des trois conseils des universités, mais par un Conseil d’Administration minimaliste disposera de tous les pouvoirs, en manager tout -puissant. Il aura par exemple entre ses mains le recrutement des enseignants-chercheurs, mettant potentiellement à mal leur indépendance. Du côté de la démocratie étudiante, une représentativité déjà toute relative explose en morceaux. Pour l’exemple très concret de l’UBO, 18 000 étudiants ne seront représentés que par 3 à 5 étudiants au Conseil d’Administration….

Le spectre de la sélection à l’entrée de l’Université refait son apparition par l’intermédiaire des dispositifs d’orientation active, rendus obligatoires par la loi : si l’orientation est nécessaire et bienvenue, le « Dossier Diagnostic Universitaire » déjà mis en place par l’académie, entièrement informatisé, est à la fois mal conçu et dangereux, puisqu’il délivre des résultats aberrants – les premiers le prouvent –, envoyés sous forme d’avis, avis dont on ne peut qu’imaginer l’influence, émanant du serveur d’inscription à l’Enseignement Supérieur, auprès des lycéens et de leur famille.

L’UNEF ne peut que faire le constat de l’incapacité de l’Etat depuis 5 ans à construire une politique cohérente d’Education : prétendre qu’il en existe une aujourd’hui revient à dire que l’Education, sans parler de la Recherche, doit être mise au service d’une politique à courte vue du marché et de l’entreprise : il ne s’agit absolument pas, disons le clairement, d’une loi portant sur l’autonomie des Universités, mais bien sur la liquidation du Service Public et sur le désengagement de l’Etat, Etat qui était le premier garant de cette autonomie.

Nous appelons donc à une extrême vigilance sur ces questions particulières dont nous nous battrons pour exiger le retrait. Quant aux autres parties du texte, dont l’ambiguïté laisse présager une évolution tout aussi inquiétante pour les universités, l’UNEF Brest étudiera avec la plus scrupuleuse attention la manière dont ils seront appliqués à l’Université de Bretagne Occidentale, pour que ne soient pas sacrifiés les étudiants et les fondements mêmes de l’Université à une simple autonomie de gestion.

Posté par Unef Brest à 21:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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