27 août 2006
Allocation de rentrée étudiante : l'autonomie des étudiants c'est pas pour tout de suite...
« ALINE, j’ai trop de peine ! »
L’allocation de
rentrée universitaire
dénaturée en un
saupoudrage indécent

Le Premier Ministre Dominique de Villepin vient de confirmer la création d’une allocation de rentrée, baptisée allocation pour l’installation étudiante (ALINE), versée aux seuls étudiants boursiers s’installant dans un logement autonome. Cette aide de 300 euros sera versée à environ 80 000 étudiants.
L’allocation de rentrée universitaire fait PSCHITT…
Alors que le président de la République Jacques Chirac avait laissé entendre le 14 juillet dernier qu’une allocation de rentrée universitaire semblable à l’allocation de rentrée scolaire, versée à un nombre important de bénéficiaires, verrait le jour lors de cette rentrée, le Premier Ministre a dénaturé cette annonce pour en faire une mesurette. ALINE est une mesure indécente au regard des promesses faites au mois de juillet et des besoins des étudiants.
Face à une mesure aussi peu ambitieuse, l’UNEF ressent une grande déception et une immense inquiétude quant aux conditions dans lesquelles va se dérouler la rentrée universitaire.
Cette aide concernera … 3.5% des étudiants !
Exclure le maximum d’étudiants de cette nouvelle aide
Alors qu’on nous laissait entendre au mois de juillet que plus de 70 millions d’Euros seraient débloqués pour une vraie allocation de rentrée, la mesure finalement choisie par le gouvernement coûtera 20 millions d’Euros à l’Etat. Le mois d’août a vu le gouvernement chercher des critères d’attribution excluant le plus grand nombre possible de bénéficiaires. Les étudiants ont perdu au passage 50 millions d’Euros.
L’UNEF dénonce une nouvelle fois les choix politiques et budgétaires du gouvernement. Cette politique permanente du moindre coût devient insupportable, d’autant que depuis 5 ans, les jeunes sont les premiers à payer les renoncements du gouvernement.
Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule : Dominique de Villepin enterre le maintien de bourses à la fin des études et dément l’exonération de la taxe d’habitation pour les étudiants.
En plus de dénaturer la dernière promesse faite aux jeunes, le gouvernement a tout simplement enterré celle du Premier Ministre faite à trois reprises pendant la crise du CPE : le maintien pendant 3 mois des bourses à la fin des études afin de faciliter la recherche d’un emploi.
L’UNEF, très déçue, publiera une enquête sur la précarité des étudiants

Pourtant, le coût de la vie pour les étudiants augmente chaque année et les aides de l’Etat ne suivent pas cette inflation, loin de là. L’UNEF rendra publique lundi une enquête sur l’évolution du pouvoir d’achat des étudiants et sur la précarité grandissante des étudiants. Alors que la jeunesse a refusé avec force la précarité et l’injustice proposées par le gouvernement ces derniers mois, le gouvernement méprise les jeunes et ses représentants et crée les conditions d’une rentrée universitaire désastreuse pour les étudiants.
Cette aide ne concernera que les étudiants boursiers qui font leur première demande d’aide au logement auprès de la CAF. En seront ainsi exclus les étudiants non boursiers, les étudiants boursiers qui ont déjà un logement indépendant, les étudiants boursiers de moins de 20 ans dont les parents bénéficient des allocations familiales... Au final, cette aide ne concernera en réalité que 3,5% des étudiants, soit au mieux 80 000 jeunes sur 2.2 millions d’étudiants ! On est bien loin de la mesure phare annoncée par Jacques Chirac ! L’UNEF demande que cette allocation de rentrée soit versée à l’ensemble des étudiants boursiers.
19 août 2006
Poubelloscope des Vacances universitaires :
Pour reprendre la rubrique célèbre d'un magazine, voici un édito qui va vous permettre de réaliser une économie de 12 euros, ce qui en ces temps, n'est pas négligeable :

Notre sélection au poubelloscope :
Jean-Robert Pitte ou l'avant-garde du patronnat universitaire...
Professeur de Géographie,
Président de l'université Paris-Sorbonne
Extraits choisis :
"1 300 000 étudiants à l'Université, c'est une belle chose en apparence. Le problème est que la massification s'est réalisée au sein d'un système à deux vitesses et qu'elle a pratiquement tué la méritocratie. Lorsqu'un barrage saute, il n'est plus question d'irriguer, mais de faire face à l'inondation. "
A propos du financement des universités :
"L''idée de privatisation ou d'ouverture du capital, alors même que les universités ignorent quel est leur capital, fait se dresser les cheveux sur la tête d'un bon nombre de Français. (...) on ne peut évacuer la question de la participation financière des étudiants à la formation qu'ils reçoivent, même s'il s'agit encore d'un tabou majeur. "
"Ne faut-il pas admettre que toutes les universités ne peuvent avoir la même vocation ? Il faut sans doute accepter l'idée que la concurrence est une réalité internationale, mais aussi nationale et qu'elle constitue une saine émulation. "
"La première des autonomies est de pouvoir choisir ses étudiants et de s'engager auprès d'eux à les former le mieux possible en les conduisant jusqu'à une insertion professionnelle..."
"Que toutes les universités soient habilitées à délivrer des doctorats, c'est une mascarade. "
"Que ce soit la droite ou la gauche qui réforme demain, l'accusation de libéralisme, forcément "sauvage", fusera de divers milieux conservateurs. "
"Nos jeunes élites partent pour créer des entreprises aux Etats-Unis, en Angleterre ou à Hong-Kong, pendant que les plus démunis, c'est-à-dire les moins formés et les moins audacieux, émargent à l'ANPE."
Printemps 2006 : un grand soir aux petits pieds :
A propos du CPE :
"deux ans ce n'est pas l'éternité, mais une telle mesure a fait naître une peur irrationnelle."
"Dire que la jeunesse est fille de la Société de consommation et qu'elle est comme ses parents l'ont éduquée donne une explication mais pas une excuse. "
A propos des mouvements étudiants depuis 1947 :
"Ceux qui descendent dans la rue sont les étudiants des premiers cycles généralistes, accompagnés de lycéens des sections générales, qui n'entrevoient aucun débouché professionnel clair à leurs études. "
A propos du droit de grève :
"Pour un étudiant qui ne reçoit pas de salaire et qui paie des droits d'inscription dérisoires, le mot "grève" n'a aucun sens réel. "
A propos du mouvement pour les personnels enseignants et administratifs :
"disons-le franchement, c'est pour certains l'occasion d'un petit repos inattendu ou d'une fenêtre de liberté permettant d'avancer leurs recherches. "
A propos de Bruno Julliard et de certains courants du Parti Socialiste auxquels il serait rattaché :
"Ils demandent à leur parti de bannir l'expression "égalité des chances", qualifiée de "concept pétainiste", pour le remplacer par "égalité". Non à Pétain, mais oui à Staline et à la résurrection de l'URSS ! "
"La pression est ainsi exercée sur la majorité silencieuse, sur les étudiants étrangers abasourdis de ce qu'ils voient, sur l'image nationale et internationale de l'Université française et bien sûr, en dernier ressort sur le gouvernement. "
"On croit rêver lorsque le Président de l'université de Nantes écrit le 31 mars au Président de la République en le sommant de ne pas promulguer la loi votée."
"Mao, Hô Chi Minh, Che Guevara, retournez dans vos tombes ! ils ont vingt ans à l'état civil et soixante dans leur tête ; leur sécurité et leur retraite leur importent plus que l'aventure de leur vie. Les héros sont fatigués avant même de partir à la conquête du monde. Quand à l'humour ils l'ont oublié au vestiaire ! "
"Tant de criailleries estudiantines sans vraies conséquences apparentes révèle un vide abyssal de la pensée. Elles s'inscrivent bien sûr dans le plus grand des travers français : la révolte plutôt que la réforme, l'invective plutôt que l'argument, la division plutôt que l'unité. "
"Certes, les lycées et les universités ne sont pas toute la France (...)il faut lui parler vrai avec des mots qui font mouche et, un jour aussi prochain que possible, lui redonner missions et honneur. Sinon il refera une crise de nerfs qui s'achèvera dans l'insatisfaction. "
A propos des AG étudiantes :
"C'est évidemment fort discutable compte tenu du manque de rigueur des argumentations développées dans ce type de réunion. "Tout labeur donne du profit, le bavardage ne produit que disette", disent les Ecritures."
17 août 2006
Une petite vidéo, en attendant la rentrée...
Souvenirs... en Chanson française Môssieur !
Parce que les syndicats étudiants ne sont pas en vacances, nous pensons à vous...
10 août 2006
http://www.webzinemaker.com/libanzine/
esprit-nomade, esprit citoyen L’heure est à la mobilisation tous azimuts pour le Liban alors que la catastrophe humanitaire est inévitable. L’association libanaise Esprit~Nomade, (http://www.esprit-nomade.com) qui a pour mission de promouvoir l’éco-tourisme responsable et le développement durable au Liban diffuse à ses abonnés un mail nous invitant à « AGIR comme des citoyens responsables ». |
Voici les informations concrètes contenues dans ce mail. Ce qu’il manque : === Qui aider ?
=== Comment contacter ces associations ? |
01 août 2006
http://rusf.org

Étudiants étrangers :
ni sélection, ni expulsions !
Depuis la rentrée de 2004, un large mouvement de défense des jeunes sans-papiers scolarisés et de leur famille a vu le jour. Le réseau éducation sans frontières a permis à de nombreux élèves de sortir de l’isolement et de mener une lutte pour leur régularisation et celle de leur famille, pour gagner le droit de vivre en France.
Le risque pour un jeune d’être éloigné de force du territoire français ne s’arrête pas aux portes des établissements scolaires. Dans l’enseignement supérieur, nous assistons depuis plusieurs années à la dégradation de la situation des étudiants étrangers : conditions d’accueil déplorables, difficultés sociales et précarité administrative.
Être étudiant sans-papiers c’est d’abord encourir le risque de se voir refuser une inscription dans un établissement d’enseignement supérieur malgré une inscription pédagogique en raison du défaut de papiers ou de visas long séjour. Mais même pour ceux qui réussissent à s’inscrire, les difficultés restent considérables : peur permanente de l’interpellation et de la reconduite à la frontière, difficultés pour se loger, se soigner, travailler, vivre... Réussir ses études dans ces conditions relève de l’exploit et les échecs sont nombreux.
Les cas d’étudiants sans-papiers se multiplient également pour ceux qui sont régulièrement inscrits au sein d’établissements d’enseignement supérieur et disposaient de papiers. En effet, l’étudiant étranger est sans cesse menacé par l’intrusion des préfectures dans son cursus universitaire et dans sa vie privée. Les préfectures refusent ainsi de renouveler les titres de séjour des étudiants prétextant l’insuffisance de ressources, l’absence de logement ou s’arrogeant un droit de regard sur leur parcours universitaire. Elles jugent seules, de façon arbitraire et sans aucune compétence ni légitimité pédagogique du « sérieux » et de la « réalité » des études suivies et décident ainsi que tel ou tel étudiant n’aura plus droit à un titre de séjour pour étudier en France.
Au-delà des questions de séjour, les inégalités de traitement entre étudiants français et étrangers ne sont pas acceptables. L’étudiant étranger subit sans cesse des restrictions et discriminations en matière d’aides sociales, d’œuvres sociales universitaires, d’accès au logement et à l’emploi. Et s’il veut, à l’issue de ses études, acquérir une première expérience professionnelle, l’étudiant étranger se voit refuser quasi systématiquement un changement de son statut d’étudiant vers un titre de séjour de travailleur du fait de l’opposabilité de la situation de l’emploi ou de l’inadéquation de l’emploi avec son niveau d’études (moins de 4 000 changements de statut accordés sur 200 000 étudiants étrangers en France).
Comment accepter que des lois injustes imposent de telles contraintes et de telles conditions de vie à nos voisins d’amphi, nos étudiants, nos amis ? Pouvons-nous laisser des camarades isolés jusqu’à ce que la décision d’un préfet les prive du droit d’étudier et les pousse ligotés dans un avion, les faisant ainsi disparaître de notre vue ?
Nous pensons qu’il faut en finir avec ces différences de traitement. L’égalité des droits entre tous les étudiants doit prévaloir : chaque étudiant quelle que soit sa nationalité doit pouvoir étudier en France dans des conditions satisfaisantes avec le même accès au travail, aux aides sociales, aux logements (système de cautionnement) etc. Les étudiants étrangers doivent pouvoir s’inscrire à l’université dans les mêmes conditions que les autres étudiants, selon le seul critère de leurs acquis pédagogiques ou professionnels évalués par des commissions universitaires.
Alors que la législation renforce sans cesse depuis une décennie une vision utilitariste de l’immigration et accentue la sélection des étudiants étrangers selon les « besoins » de l’économie française, nous voulons réaffirmer la vocation universelle des établissements d’enseignement supérieur qui doivent rester ouverts à tous. Leur mission d’enseignement, d’échange et de réflexion ne peut s’accommoder d’inégalités entre étudiants ou de l’exclusion de certains.
C’est pourquoi nous appelons à la constitution d’un réseau de solidarité avec les étudiants étrangers à l’échelle nationale qui aura vocation à briser l’isolement des étudiants sans-papiers et fera échec à ces réglementations absurdes. Ainsi, nous appelons l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur mais aussi tous ceux, individus, syndicats, associations, partis, qui rejettent l’injustice et l’oppression :
à signer, reproduire et faire circuler cet appel ;
à constituer des collectifs locaux pour se faire connaître et pouvoir créer des réseaux de solidarités avec les étudiants étrangers.
à se battre pour l’égalité des droits entre étudiants français et étrangers et pour la régularisation de tous les étudiants sans-papiers afin que la seule possession d’une carte d’étudiant donne accès au titre de séjour et que la seule signature d’un contrat de travail permette d’accéder à l’emploi.

Premières organisations signataires : AEOM (Association des étudiants d’origine malgache) ; Association des doctorants et étudiants des Roumains de France ; Association "étudiants étrangers bienvenus à Arras" ; AUGET (association universitaire des étudiants tunisiens de Grenoble) ; Association des étudiants de Béthune ; Association Le Monde Des Cultures ; ATMF association des travailleurs maghrébins de France ; COLCREA (Association d’Étudiants et Créateurs Colombiens en France) ; Collectif Lyonnais de Soutien aux Étudiants Étrangers ; Convergence citoyenne et Alternative citoyenne ; Étudiant comorien de France (Arc en ciel) ; Fédération des étudiants maghrébins ; FERC-CGT ; FERC Sup-CGT ; FSU ; FTE-CNT ; Gisti ; GUPS (union générale des étudiants palestiniens) ; JCR ; LDH ; SNASUB-FSU ; SNESUP-FSU ; Solidarité étudiante sénégalaise de Pau ; SUD étudiant ; UEAF (Union des étudiants algériens de France) ; UEC (Union des étudiants communistes) ; UNEF ; Union générale des étudiants en Tunisie ; Union des étudiants étrangers de Strasbourg ; Union des étudiants syriens de France.








